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ID : 22935
Ajouté le : 2002-11-20 17:09
Mis à jour le : 2006-09-05 13:33
Refreshed: 2007-03-25 19:35

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Qu'est ce qu'une forêt modèle ?

Une forêt modèle est
un lieu géographique et également une approche de gestion durable des forêts (GDF) axée sur le partenariat. Sur le plan géographique, la forêt modèle doit comprendre une assise territoriale assez grande pour représenter tous les usages et toutes les valeurs de la forêt — un paysage harmonieux composé de fermes et de forêts, d'aires protégées, de villes et de rivières.
 
Une forêt modèle constitue également une approche facultative et axée sur les partenariats aux fins de l’évolution vers l’exercice d’une GDF. Les gens sont au cœur du concept de forêt modèle car ils sont indissociables des forêts et qu’ils sont déterminants dans la recherche d’une définition de la durabilité au niveau local où sont enracinées les forêts modèles. Le les membres du partenariat représentent toutes les forces environnementales, sociales et économiques qui sont en jeu dans l’assise territoriale en question.
 
Une forêt modèle est :

  • un paysage : un secteur géographique représentant l’ensemble de ses valeurs forestières — y compris les valeurs environnementales, sociales et économiques.
  • fondée sur des partenariats entièrement inclusifs dans le cadre desquels les personnes intéressées aux ressources naturelles de leur région conviennent d’un processus pour déterminer les buts et les priorités en matière de durabilité locale, puis travaillent en collaboration pour s’en occuper. Ces partenariats fonctionnent sur le fondement du consensus et de la transparence.
  • fondée sur la durabilité : elle se concentre sur l’exercice tangible d’une GDF, à partir du niveau du site jusqu'à l’élaboration de politique, les parties intéressées participant continuellement à l'élaboration, la mise à l’épreuve et la mise en commun d’approches novatrices à la GDF.
Les caractéristiques qui démarquent les forêts modèles d’autres initiatives de développement forestier semblables sont les suivantes : l'étendue et la souplesse de leur démarche, l'échelle des activités, l'étendue de leurs partenariats, le niveau des politiques sur lesquelles elles veulent influer et l’importance accordée au travail en réseau.
 
Quoiqu’elle ne soit pas habituellement investie de pouvoir décisionnel sur le territoire, l’organisation d’une forêt modèle vise à inclure parmi ses partenaires ceux qui exercent une forme juridique d’exploitation sur la terre : leur participation témoigne de leur volonté de tenir compte des approches nouvelles et novatrices pour gérer les forêts de façon durable. À titre de membre du RIFM, l’organisation d’une forêt modèle s’engage à partager ses expériences et ses innovations avec d’autres forêts modèles et organismes pour qu’ils puissent tirer parti de son expertise – aux niveaux local, national et international.
 
Les forêts modèles sont axées sur les pays. Elles sont considérées comme étant directement liées aux programmes forestiers nationaux ainsi que comme des zones de démonstration d'importance nationale et des initiatives efficaces pour mettre à l’essai des politiques et des pratiques innovatrices en matière de gestion des forêts. Les forêts modèles ont donné, depuis ce temps, de bons résultats dans une vaste gamme de milieux géographiques et culturels. Les 40 forêts modèles, établies ou en développement, font d’ailleurs foi de leur intérêt et de leur efficacité à l’échelle mondiale.
 
Le rôle des gouvernements est fondamental car une volonté politique est nécessaire pour le bon fonctionnement du programme. En tant que gardiens des terres domaniales ou en vertu de leurs responsabilités en matière de politique et de réglementation, ils sont des intervenants clés.
 
Principales caractéristiques
 
L’approche des forêts modèles repose sur le principe que la participation locale est la clé du succès vers une GDF. Elle permet aux différents intervenants de reconnaître les répercussions de leurs activités sur l’assise territoriale, de développer une compréhension commune de la GDF et d’apprendre ce qu’elle signifie sur le plan réel et opérationnel. Les partenaires peuvent ensuite s’engager à prendre, d’eux-mêmes et en groupe, des mesures concrètes vers un régime de GDF.
 
Créer et maintenir un partenariat efficace n’est pas une tâche aisée. Cependant les partenaires des forêts modèles disposent, parmi les outils d’établissement de partenariats, un ensemble d’attributs communs des forêts modèles sur lesquels se fonde un projet. Six des attributs qui définissent le concept de forêt modèle, sont considérés comme étant fondamentaux, à savoir :
  1. Un partenariat dynamique et ouvert à tous dans le cadre duquel les parties intéressées aux ressources naturelles de leur région conviennent d’un mode de définition de la GDF correspondant à la réalité locale, établissent leurs objectifs prioritaires et travaillent ensemble à la réalisation de ces objectifs.
  2. Un engagement déclaré envers la gestion durable des forêts.
  3. Un paysage assez vaste pour représenter la diversité des utilisations et des valeurs forestières d’une région donnée.
  4. Une structure de gouvernance qui soit représentative, participative, transparente et redditionnelle.
  5. Un programme d’activités qui tienne compte des besoins et des valeurs des partenaires.
  6. Un engagement en faveur de la mutualisation des savoirs et du réseautage, et ce, de l’échelle locale à l'échelle internationale.
Aucune forêt modèle n’est pareille à une autre. Certaines forêts modèles se trouvent dans des régions à faible densité démographique où, par exemple, la pauvreté rurale et l’accès aux ressources sont des questions de priorité alors que d’autres sont établies dans des zones fortement peuplées où des problèmes rurbains, tels que la qualité de l’eau, les loisirs et la biodiversité, sont des facteurs prédominants de l’équation vers la GDF.
 
Les forêts modèles visent à harmoniser les priorités économiques et non économiques et se concentrent, par exemple, sur l’éducation, la recherche, la protection de la biodiversité ou l’élaboration d’indicateurs locaux afin de surveiller le progrès vers les objectifs de GDF sur leur territoire respectif. En outre, les partenariats des forêts modèles s’avèrent particulièrement efficaces dans la recherche des débouchés économiques autres que ceux axés sur le bois d’œuvre.
 
La mobilisation des ressources
 
L’avantage des vastes partenariats n‘est pas seulement de reconnaître le droit des autres de s’efforcer de venir à bout de problèmes difficiles et d’en tenir compte. Les partenariats de forêts modèles ont démontré sans l’ombre d’un doute qu’ils apportent également de nouvelles ressources – des idées, des installations, des données, des services professionnels, l’accès à des responsables des politiques et à des dirigeants communautaires et des liquidités – des ressources dont on ne disposait pas auparavant ou qui ne servait pas à relever les défis de la GDF. Ainsi :
  • Au Chili, la forêt modèle de Chiloé a plus que quadruplé la contribution de base reçue du gouvernement national du pays.
  • Les 11 forêts modèles du Canada, chacune ayant une importante industrie forestière comme partenaire, ont accru en moyenne la contribution de base du gouvernement fédéral dans une proportion de 1:2.
  • En Russie, dans la forêt modèle de Gassinski, la contribution permanente de services professionnels, d’installations, d’équipement et de données de multiples partenaires scientifiques et techniques a considérablement augmenté la qualité du travail et les occasions de mettre en pratique les résultats de la recherche.
Il est important de mobiliser des ressources pour les forêts modèles parce que, avec les années, le financement à l’appui de la GDF s’est fait de plus en plus rare. Mais il est tout aussi important de garder en mémoire ce que la mobilisation des ressources représente et ce à quoi elle donne lieu. Une entente relative à un problème commun, une démarche concertée, un risque partagé et un investissement commun dans des résultats constituent une nouvelle façon de penser et le refus du statu quo.
 
Qui plus est, la mobilisation des ressources parmi les intervenants dans un paysage donné se rattache à un problème récurrent et toujours difficile : la viabilité de l’initiative même. Surtout en ce qui a trait à l’aide publique au développement (APD), la question de savoir ce qui va se produire lorsque l’ADP se tarit est toujours une considération d’une extrême importance. Les organisations des forêts modèles ne prétendent pas avoir résolu entièrement cette question, mais, parce qu’elles sont axées sur les localités, parce que les forêts modèles dont des processus et non des projets et parce que la contribution des intervenants est escomptée, il semble que les forêts modèles réussissent à fonctionner plus longtemps avec des budgets modestes.
 





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