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| Forêts modèles > Thèmes d’intérêt commun > L'évaluation de progrès |
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Plusieurs forêts modèles ont élaboré des critères et des indicateurs pour mesurer la progression vers l’exercice d’une gestion durable des forêts (GDF). L’évolution vers la GDF peut se mesure en fonction d’éléments scientifiques (comme l'étude des espèces animales et végétales, de la santé du sol, etc.) ou de progrès sociaux moins quantifiables (comme l’éducation environnementale, la participation accrue des femmes, etc.). La surveillance et l’évaluation des répercussions des activités des forêts modèles, de même que l'élaboration de moyens de mesurer les attitudes et le comportement des parties prenantes et l'exploitation forestière qui accompagne l’essor de la forêt modèle, revêtent également une grande importance. Users’ Guide to Local Level Indicators du RCFM Bien qu’il existe des critères et des indicateurs internationaux de GDF, de même que des lignes directrices nationales, ils sont d’une si vaste portée qu’il peut être difficile de les appliquer à une unité d'aménagement forestier. Ainsi, même si les gouvernements estiment que l’état d’espèces en voie de disparition peut constituer un indicateur de la santé de la forêt, ils ne peuvent peut-être pas indiquer avec précision quelles espèces les gestionnaires devraient utiliser, car une espèce menacée dans une région d’un pays ne l’est pas nécessairement dans une autre. Grâce à l’expertise de leurs partenaires, les forêts modèles du Canada ont mis au point une série d’indicateurs locaux afin d’évaluer leur progrès vers la GDF dans leur paysage respectif. En 2000, le RCFM a élaboré un guide sur les indicateurs locaux de la gestion durable des forêts, intitulé Users’ Guide to Local Level Indicators of Sustainable Forest Management, pour diffuser cette information et ces expériences dans l’ensemble du réseau. L’information s’est répandue dans tout le Canada et a aussi servi d’assise à des ateliers sur les forêts modèles en Asie et en Amérique latine. Les peuples autochtones du Canada sont bien placés pour contribuer aux pratiques de GDF d’aujourd’hui et en faire profiter leurs collectivités et l’ensemble des Canadiens. Au cours des siècles, leur relation intime avec la terre, conjuguée au transfert du savoir de génération en génération, a fait en sorte que les peuples autochtones ont des écosystèmes forestiers une compréhension à nulle autre pareille. S’inspirer de ce vaste savoir traditionnel est l’un des principaux outils dont les organisations de forêts modèles se servent pour progresser vers la réalisation des objectifs de la GDF. Par exemple, l’orignal est la principale source de nourriture « sauvage » des Cris de Waswanipi qui vivent au nord du Québec (Canada), et pour plus de 30 % des 1 200 personnes qui forment la population de Waswanipi, le gagne-pain est au moins partiellement tributaire de la chasse à l’orignal. Jusqu’à récemment, les données scientifiques étaient rares sur l’incidence de la récolte à grande échelle de l’épinette sur l’habitat de l’orignal. En 2003, la forêt modèle des Cris de Waswanipi, en partenariat avec l’Université Laval, a entrepris une étude triennale afin de déterminer si on pouvait élaborer de nouvelles stratégies de gestion de l’habitat de l’orignal et les adapter au contexte socioécologique des Cris de Waswanipi. Cette étude, qui sera complétée en 2006, utilise le système mondial de localisation (colliers GPS) afin de repérer 15 femelles orignal qui, estime-t-on, sont plus pointilleuses que les mâles pour le choix de leur habitat. Jusqu’à présent, on a repéré avec exactitude plus de 60 000 emplacements par année. Cette information sera combinée aux données recueillies lors de quatre relevés aériens effectués durant l’hiver et au savoir cri traditionnel – colligé à l’occasion d’entrevues particulières, d’ateliers et de visites sur le terrain en compagnie de chasseurs Cris et de chefs des terres – afin de définir les besoins des orignaux au regard de leurs habitats et d’évaluer l’incidence des activités forestières au cours des 30 dernières années. Les résultats partiels dont nous disposons à l’heure actuelle révèlent que le vaste savoir des Cris quant à l’habitat de l’orignal et à ses besoins sur les terres ancestrales est conforme aux données scientifiques. Les nombreuses observations des Cris au sujet des répercussions de la foresterie sur cet habitat sont aussi confirmées par les sciences biologiques. La combinaison de l’étude universitaire et du savoir cri traditionnel augmente considérablement la base de données sur l’habitat de l’orignal dans cette région. Par ricochet, il en résulte de nouvelles stratégies de gestion des terres qui permettront de mieux protéger l’habitat de l’orignal, au profit non seulement des chasseurs Cris et des chefs des terres, mais aussi de la vie socioculturelle de la collectivité.
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