Centre de recherches pour le développement international (CRDI) Canada     
 Explorateur  
Forêts modèles
     À propos
     Au-delà des forêts
     Avis importants
     Contactez-nous
     Enseignements retenus
     Liens
     Nouvelles et evénements
     Outils et gabarits
     Plan du site
     Publications et plus
     Qu'est ce qu'une forêt modèle ?
     Questions classiques
     Réseaux régionaux
     Thèmes d’intérêt commun
       La gouvernance

ID : 56347
Ajouté le : 2004-02-26 15:10
Mis à jour le : 2006-08-31 11:52
Refreshed: 2007-03-25 19:33

Cliquez ici pour obtenir le URL du fichier en format RSS Fichier en format RSS

Compatibilité avec le protocole OAI, version 2.0


Gouvernance et la société civile

En règle générale, les approches traditionnelles de la gestion durable des forêts (GDF) ont ignoré la dimension sciences sociales que comporte la durabilité au profit des sciences biophysiques ou de considérations d’ordre économique. Les succès enregistrés en matière de GDF nous forcent à reconnaître que la compréhension que nous avons de nous-mêmes, de notre façon de gérer notre conduite et des pressions que nous exerçons sur les ressources naturelles ont autant d’importance que les sciences traditionnelles qui nous ont servi à comprendre notre milieu.
 
L’approche des forêts modèles aborde de front la dimension sociale du développement durable. L’un des principaux objectifs du RIFM consiste à explorer des solutions novatrices pour relever les défis que pose la GDF en nouant des relations qui rendent possible la collaboration d’un grand nombre d’intervenants. De là l’élaboration de structures de gouvernance de forêts modèles qui soient représentatives d’une vaste gamme de valeurs et d’intérêts forestiers dans une région donnée; dont les mécanismes de prise de décisions soient participatifs, transparents et redditionnels; et qui soient axés sur les actions concrètes.
 
Bien que certaines caractéristiques décrivent ce qu’est une forêt modèle, il n’existe pas de gabarit qui indique quelle doit être la structure d’une forêt modèle. Chaque forêt modèle crée une structure de gouvernance conforme aux normes du pays ou de la région où elle est établie.
 
La participation volontaire est le fondement du processus – dans un partenariat de forêt modèle, aucun organisme ne renonce à ses droits légaux ni ne déroge à ses responsabilités, pas plus que le partenariat n’impose aux participants ses décisions relatives à l’utilisation des terres. Les forêts modèles offrent une tribune neutre où les gens, en particulier ceux et celles qui ont toujours été ignorés dans les processus décisionnels, ont une chance égale d’avoir voix au chapitre là où l’on discute des enjeux et des décisions qui les touchent. De fait, dans les régions où des forêts modèle ont été établies, la formule des forêts modèles a souvent été la seule qui ait réussi à rassembler, entre autres, des représentants du gouvernement, des collectivités, des particuliers, des conservationnistes et des groupes autochtones, et à les amener à dialoguer de façon constructive. Par example :

 
Collaborer pour protéger les moyens de subsistance en milieu rural
Grâce à son partenariat, chaque forêt modèle connaît de près toutes les facettes de la collectivité industrielle et elle peut tenir compte des besoins sociaux, culturels et économiques dans une vision stratégique de l’avenir axée sur la durabilité.
 
Le gagne-pain des Samí, peuple autochtone du nord de la Suède, est lié à la tradition millénaire qu’est l’élevage du renne. Plus récemment, les pratiques de gestion dans des forêts de peuplements anciens ont grandement diminué les réserves de lichen corticole, principale source d’alimentation du renne pendant l’hiver. Bien que les Samí ait un accès garanti aux pâturages, il devient nécessaire d’explorer de nouvelles pratiques forestières afin d’assurer aux rennes une alimentation suffisante. À titre de membres du partenariat de la première forêt modèle d’Europe –la forêt modèle de Vilhelmina (FMV) créée en 2004 – les Samí collaborent avec d’autres partenaires à la résolution de ces problèmes.
 
« L’élevage du renne dépend de la présence de vastes régions de forêts naturelles – un aspect parfois difficilement conciliable avec la foresterie », a affirmé Karin Baer, dirigeante du village samí au nord de Vilhelmina. « Les activités menées au sein de la forêt modèle devraient fournir, pour l’avenir, de bons exemples de la façon dont la foresterie peut être adaptée pour répondre aux points de vue et aux besoins des utilisateurs autochtones des terres. »
 
Les Saamí ont aussi formé un partenariat avec les Cris de la forêt modèle de Prince Albert, au Canada, pour y appuyer et y favoriser l’échange de connaissances et d’expériences.
 
Dans le cadre de ses activités, le partenariat de la FMV étudie le moyen d’installer des corridors afin de réunir des parcelles d’habitat dans les zones de migration et explore de nouvelles techniques d’éclaircie, de coupe sélective et de scarification afin de réduire les dommages causés au lichen terricole. Le partenariat de la FMV se penchera, entre autres, sur l’expérience du Canada dans ces domaines afin de mettre éventuellement ces techniques en application en Suède.
 

 
La réduction des conflits mène à la durabilité à long terme
La concurrence pour les ressources forestières était source de tensions dans la province de Lampang au nord de la Thaïlande. L’excès de récolte du bambou, conjugué aux pressions de la population et à une mauvaise gestion des ressources, a donné lieu à des conflits permanents entre les villageois et les autorités forestières locales et parmi les collectivités. Comme le bambou s’est fait de plus en plus rare, les gens ont commencé à empiéter sur les zones protégées, aggravant d’autant les tensions.
 
La résolution de conflits est un des moteurs qui a incité à l’établissement de la forêt modèle Ngao, à Lampang, en 2002. Au début, les partenaires ont organisé des réunions où tous les intervenants avaient l’occasion de faire part de leurs préoccupations, de déterminer ensemble les causes de la disparition du bambou et de collaborer à la GDF.
 
Les partenaires ont ainsi convenu de leurs droits et responsabilités, et en sont venus à un consensus sur le partage des profits provenant de la culture et de la récolte du bambou. Ils ont délimité des lieux de cueillette communautaire, élaboré des règlements pour la coupe et fait valoir la nécessité d’améliorer les pratiques forestières. Ils ont aussi lancé une initiative, qui a connu un grand succès, pour appuyer un programme de remise en état des forêts qui est entré en vigueur en 1998 dans le village de Ban Hua Tung.
 
La mise en application de l’approche de la GDF adoptée par les partenaires a grandement réduit les conflits dans la région de la forêt modèle; les conditions de la forêt en ont été améliorées, le revenu de la population a augmenté et les gens se sont engagés à mettre en pratique la GDF. Ces résultats sont très certainement attribuables au fait que les intervenants ont collaboré pour déterminer les problèmes de durabilité dans la région, explorer les choix qui s’offraient à eux et prendre des mesures pour régler ces problèmes à l’avantage de tous.
 

 
Résoudre les enjeux par le consensus
La forêt modèle d’Araucarias del Alto Malleco, au Chili, est depuis longtemps le siège d’un conflit intense au sujet de la revendication de terres ancestrales. Pendant de nombreuses années, l’essor agricole qu’ont connu les colons a forcé le peuple Mapuche-Pehuenche à quitter la terre de ses ancêtres pour aller s’établir sur des terres marginales. Il a aussi été exclu des possibilités de développement économique, le laissant dans une situation financière de plus en plus incertaine.
 
La forêt modèle est la première et la seule organisation à avoir rassemblé les intervenants et à avoir permis au peuple Mapuche-Pehuenche de se faire entendre. Aujourd’hui, huit des 22 membres du conseil d’administration de la forêt modèle sont autochtones. Il importe de souligner que les membres du conseil en sont venus à un consensus sur toutes les questions étudiées sans avoir à passer par le vote.
 
« Nous avons le droit d’exprimer nos opinions et de voter », explique Mario Curical, directeur de la forêt modèle d’Alto Malleco. « Nous n’avons aucun problème à trouver des terrains d’entente. Nous coexistons parfaitement au sein du conseil d’administration. »
 
En 2004, quatre ans à peine après son établissement, la forêt modèle s’est vu décerner par l’Université du Chili le Prix national pour l’innovation (dans la catégorie Société civile).





   guest (Lire)Heure de l'est ( EU et Canada ) DST   Basse vitesse

Amérique latine Moyen orient et Afrique du Nord Afrique subsaharienne Asie Le CRDI dans le monde